Chapitre 3
À propos de l'effet de levier
J'ai reçu des dizaines ou des centaines de questions sur
l'effet de levier. En effet, je conseille à la fois sur le
sens du timing à suivre et en même temps sur le
niveau d'effet de levier que j'utilise.
Très succinctement, l'effet de levier consiste à
acheter plusieurs fois le montant de ce que l'on possède en
Bourse. Si j'ai 100 euros sur mon compte, un effet de levier de 5
correspond à un ordre d'achat de 500 euros d'actions.
Certains produits comme les contrats Futures permettent de monter
à un effet de levier de 20. Ainsi, avec 100 euros sur mon
compte, je peux acheter pour 2 000 euros de CAC 40 si je le souhaite.
Encore plus extrême, en Angleterre, sur les CFD,
équivalent anglais des trackers français, l'effet
de levier proposé monte jusqu'à 100 sur les
indices et 25 sur les actions !
Un effet de levier de 20 multiplie donc les gains et pertes par 20.
Cela signifie qu'une variation de seulement 5% sur le CAC 40
entraîne soit un gain de 100% ou au contraire, une perte de
100% !
Les caractéristiques techniques du contrat CAC 40 FUTURE
(FCE)
Le FCE est un contrat à terme ferme
corrélé à l'indice CAC 40.
Il est coté en points d'indice. L'unité de
négociation est constituée d'un contrat dans
lequel chaque point d'indice est affecté d'une valeur de 10
euros.
La valeur du contrat est égale au cours coté x 10
euros.
Exemple :
Si le cours du contrat à terme ferme CAC 40
s'établit à 4 000, le contrat a une valeur de :
40 000 euros. Si vous achetez un Contrat Future à 4 000
points et que vous le revendez à 4 200 points, votre gain
est de (4 200-4 000) x 10 euros = 2 000 euros.
Les cotations s'effectuent en continu selon la chronologie suivante :
- Session du jour de 8 h 00 à 17 h 30,
- Session du soir de 17 h 30 à 20 h 00,
Cours de compensation
À l'issue de chaque séance de
négociation, Euronext Paris SA détermine le cours
de compensation de chaque échéance sur la base
des cours cotés à la fin de la séance.
Les appels de marges quotidiens s'effectuent sur la base de ce cours de
compensation.
Dépôt de garantie
Le dépôt minimal de garantie à verser
préalablement à la passation d'un ordre par tout
donneur d'ordres opérant sur le contrat à terme
ferme sur l'indice CAC 40 est de 270 points soit 2 700 euros.
Mes trades et l'effet de levier
En principe, je passe des lignes de 25%, 33 %, 50 % ou 100%.
100% signifie en trading un effet maximum de 15.
50% équivaut à un effet de levier de 7.5.
33% équivaut à un effet de levier de 5.
25% équivaut à un effet de levier de 3.75.
Pour dupliquer mes stratégies sur le contrat Future du CAC
40, il faut au minimum quatre contrats soit 2 700 euros * 4, donc 10
400 euros. Montant auquel il faut rajouter un peu de
trésorerie, soit au total environ 12 000 euros.
Une ligne de 25% = 3.75 d'effet de levier = 1 contrat Future CAC 40 = 2
700 euros
Une ligne de 50% = 7.5 d'effet de levier = 2 contrats Future CAC 40 = 5
200 euros
Une ligne de 100% = 15 d'effet de levier = 4 contrats Future CAC 40 =
10 400 euros
Dans les caractéristiques du paragraphe
précédent, vous avez pu noter que la valeur
faciale du CAC 40 était de 40 000 euros. Car le point CAC 40
vaut 10 euros (pour un CAC 40 qui cote 4 000 points comme c'est le cas
actuellement à la mi-février 2005). 2 700 euros
de couverture pour acheter une valeur faciale de 40 000 euros donne un
effet de levier de 15 ou très exactement 14.87 !
Le contrat CAC 40 Future présente le gros avantage de
réduire considérablement les frais de courtage
par rapport aux actions.
Comment je gère l'effet de levier sur mes comptes personnels
L'effet de levier est dangereux. D'un côté, il
offre l'opportunité de réaliser des performances
à trois chiffres, la preuve avec le titre de ce livre. Mais
en contrepartie, il expose potentiellement l'utilisateur à
une ruine très rapide !
En ce qui me concerne, j'alloue 80% de mes comptes personnels
à des opérations de Tendance
Intermédiaire avec un effet de levier qui varie de 1
à 2 sur le CAC 40. L'horizon d'investissement est de
quelques jours à quelques semaines. La taille des gains et
des pertes oscille entre 3 et 20% selon le niveau de
volatilité. Enfin, le nombre d'opérations en
moyenne est de 6 à 10 par an, chiffre variable selon les
opportunités et l'activité sur le CAC 40.
Les 20% restants sont alloués à un compte de
trading où je me permets de prendre des risques maxima. Mon
effet de levier peut grimper à 15. Et je suis nettement plus
dynamique, en réalisant trois, quatre, voire cinq allers et
retours dans le mois.
À noter que je ne pyramide pas les gains et les
pertes. Cela signifie que je trade avec une mise fixe permanente. Je ne
réinvestis pas les gains dans l'opération
suivante. Inconvénient de la démarche, la
progression de mes performances est lente. Mais atout principal, je
perds moins en cas d'erreur.
En outre, je transfère systématiquement tous mes
gains du compte de trading vers le compte de Tendance
Intermédiaire. Ainsi, même si cela ne m'est jamais
arrivé, en cas de crash de mon compte de trading, je peux
redémarrer en prenant des capitaux sur le compte de Tendance
Intermédiaire.
La voie de l'effet de levier et de l'anticipation
Réaliser une performance supérieure à
celles des indices boursiers (rappelons que la majorité des
gérants de SICAV actions n'y arrivent pas) ne peut arriver
qu'en utilisant trois types de stratégies.
La première est d'alléger lors de points hauts
intermédiaires et de revenir à l'achat
après une période de consolidation.
Problème, si le marché amène
à sortir sur un point haut et ne redonne pas de portes
d'entrée car il refuse de corriger (c'est le cas notamment
en 1999), l'investisseur rate le mouvement haussier suivant et se
retrouve distancé par l'indice de
référence.
La deuxième est de profiter de l'effet de levier pour
démultiplier les gains, à condition d'apprendre
à anticiper la tendance à court terme du
marché que l'on traite. C'est la voie que j'ai choisie. Et
j'ai donc travaillé à améliorer mon
taux de réussite (implicitement, la pertinence et
l'efficacité de mes prévisions) de
manière à bénéficier des
atouts de l'effet de levier sans ses inconvénients, les
grosses pertes (même si je commets toujours des erreurs
d'appréciations qui me coûtent parfois un
peu…).
La troisième possibilité consiste à ne
jouer que sur 2 à 3 actions en même temps, en
concentrant toutes ses forces sur des titres plus volatiles que
l'indice. Car comme je le démontrerais dans un autre
chapitre, diversifier ses risques " en ne mettant pas tous ses
œufs dans le même panier " revient statistiquement
à ne pas pouvoir battre l'indice de
référence. Il est bien entendu possible
d'utiliser également l'effet de levier dans cette
deuxième voie.
La principale différence réside dans le fait
qu'il n'est pas obligatoire d'avoir une idée
précise sur la tendance à venir du
marché pour intervenir avec succès. En effet,
grâce à l'utilisation de techniques non
directionnelles, comme la lecture du carnet d'ordres, les breaks, la
pattern d'analyse graphique spécifique… des
traders parviennent à réaliser de très
grosses performances.
Je suis un trader d'indices boursiers. Je n'ai pas, à ce
jour, trouvé de stratégie sur les actions qui
fonctionne de manière aussi régulière
que les techniques présentées dans ce livre sur
les indices boursiers. En outre, je préfère
intervenir en Bourse en anticipant de manière rationnelle la
tendance à court et à moyen terme. J'ai donc pour
l'instant délaissé la deuxième voie au
profit de la première.
La résistance à la douleur
Impossible enfin de ne pas terminer ce chapitre en rappelant que jouer
en bourse implique des moments difficiles, en particulier lorsque
l'effet de levier intervient. Les pertes sont
démultupliées. De nombreux intervenants
connaissent intellectuellement ce problème, mais ne
réalisent pas vraiment ce qu'il signifie. Des
évènements statistiques exceptionnels peuvent
à chaque instant se mettre en place et provoquer des pertes
" anormales ". Cela fait partie du jeu. Très souvent, j'ai
observé que des boursicoteurs n'acceptaient finalement pas
ces moments difficiles. Comme si les pertes existaient bien sur un plan
conceptuel, mais ne devaient pas les concerner au niveau de
l'expérience. Inutile de préciser qu'il s'agit
là d'une utopie. Ce n'est pas la méthode qui doit
être remise en cause, mais la psychologie humaine ! Avec le
temps, j'ai fini par comprendre que j'avais une capacité de
résistance à la perte largement
supérieure à la moyenne. En
conséquence, peu de personnes parviennent alors à
me suivre intégralement dans mes opérations de
trading.


